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Le rap aloco a dompté la Patte d’Oie

Le premier concert du festival a donné le ton. Les Guinéennes et les Ivoiriennes ont embrasé le public de la Patte d’oie. Une  première qu fut une vraie réussite.

Prévu pour 19 heures, c’est finalement vers 20 heures que le tout premier spectacle de cette édition du festival a débuté. Au rond-point de la Patte d’oie, des centaines de spectateurs ont assisté au spectacle dont de nombreux enfants. Pour une première, ce fût un coup de maître. Habituellement organisé  devant le CCF, l’honneur a été fait aux habitants de la Patte d’oie.  Un quartier qui a vu grandir des rappeurs tels que Wed Hyack et Abi Kool. Au programme de cette soirée, Idéal Black Girls de la Guinée Conakry ainsi que Nash et Priss’K de la Côte d’Ivoire…

Priss’k
Le feu follet du rap ivoirien

Nash et Priss’K se connaissent bien. Sur scène, en studio, dans la rue, elles se serrent les coudes depuis tant d’années. Aujourd’hui, partout à travers le continent des artistes de talent naissent et font parler d’eux. Priss’k, la jeune vedette du rap ivoirien s’inscrit dans le sillage de ces talentueux musiciens africains qui font rêver le monde grâce à leur savoir faire. Artiste en devenir dans un monde cosmopolite où la concurrence reste la seule manière d’envisager son aura artistique. Priss’k, à la limite d’un exploit mondial, vole de succès de succès, résultat d’un long travail et d’un engagement sans faille. Si dans les coulisses d’Abidjan, on prend plaisir de dire que la virevoltante Priss’k est piquée par le virus de la musique des son jeune age…

Nash, la go cra-cra

Nash se définit elle même comme une guerrière  du hip hop,  une combattante des mots. Son talent l'améne dans le sous région mais aussi en Europe. Un talent à suivre.

Vous avez probablement entendu parler de cette jeune ivoirienne, experte en nouchi (l'argent ivoirien) qui depuis 2000 fait partie des artistes en vogue dans son pays et au-delà de la lagune ébriée. Natacha Flora Sonloué aka Nash est âgée de 24 ans, taille moyenne, corpulence moyenne, habillée à la garçonne, avec des tresses arborées de perles multicolores. Et pour qu'on ne se trompe pas sur elle, son nom d'artiste est soigneusement griffé dans sa coiffure.  Le flow de Nash est aussi facilement reconnaissable. Elle manie avec dextérité le nouchi, cette variante du Français à la sauce ivoirienne. Tout un art qui lui a valu le succès assez énorme dans son pays au moment même où la vague du coupé-decalé déferlait grave sur Abidjan…


 

Résidence slam
Brassage culturel

Pour cette 8ème édition du festival, les artistes travaillent dans le secret de leurs résidence. Depuis des jours, slameurs belges et rappeurs burkinabés, totalement pris par leurs élans créatifs, écrivent et répètent pour leurs spectacles.
Et c'est dans cette nouvelle dynamique que les Daltoniens venus de Belgique et Afrikslam du Burkina se sont lancés dans un échange mutuel pour donner une nouvelle vision du spoken word entre le Beat Box et le slam. L'année dernière, Afrikslam  avait impressionné le public du  festival. Les MC's qui le composent recidivent cette année…

Ideal Black Girls : "Fini les préjugés"
INTERVIEW

Présentent à Ouagadougou à l'occasion de la 8ème édition du festival International de Musiques Urbaines Waga Hip Hop, les quatre princesses du mouvement hip hop Guinée à savoir Hadjy, Miss Bah, Dinz et Nat ont tenu à partager leur idéal avec les festivaliers. Elles nous parlent de leur arrivée dans ce milieu très souvent réservé à la gent masculine, et des stéréotypes dont elles sont victimes.

Parlez-nous de la naissance de votre groupe
Avant que ce groupe ne naisse, c'est l'histoire de quatre copines de lycée, juste pour dire que nous sommes vraiment liées depuis belle lurette. Nous avons d'abord commencé par la danse, ce qui nous a emmené vraiment dans le monde musical.  Par la suite nous avons décidé de concilier la musique et la danse. A l'époque, il n'y avait pas de groupe de rap composé uniquement de fille en Guinée Conakry. Tout cela a contribué à nous motiver pour la création du groupe Ideal Black Girls en novembre 1997…

Clash Party : 16 MC’s s’affrontent
Le mardi 14 octobre, Waga Hip Hop vous replonge dans l’atmosphère survoltée des clashs parties. 16 MCs ont réussi à se faufiler à travers les mailles de la pré-sélection.

Marches pas dans mes plates-bande sinon tu finiras dans du plâtre et des bandes. Tu rêvais de faire la une des magazines, dans quelques secondes tu feras la une des journaux nécrologiques. C’est ce que l’on pouvait entendre l’année dernière lors d’un clash d’anthologie. Ce nouveau clash qui s’annonce explosif si l’on s’en tient à ce qui précède. Puisque chaque clasheur affiche une volonté de fer, de faire pleuvoir sur lui l’applaudimètre du public…

Code expose son baggy africain

Du 13 au 18 octobre 2008, les festivaliers ont droit à une exposition de mode gratuite à la rotonde du  CCF Georges Mélies. Cette exposition est conçue par Code. Née d'un collectif de jeunes stylistes et peintres de divers horizons, Code est une marque de vêtements aux couleurs africaines dans un style spécial dédié à la jeunesse hip hop . Appuyés par des stylistes africains, ces jeunes offrent des vêtements hip hop  et accessoires confectionnés dans des matières tels que le faso danfaani, les pagnes guinéens et traditionnels.
Du coup le baggy américain est remplacé par le baggy africain .A travers leurs tenues, ces jeunes couturiers transmettent leurs messages. Ils ambitionnent de conquérir les milieux  hip hop burkinabé voire africain. Ce collectif, créé à la suite des ateliers de formations en mode urbaine, a habillé le rappeur burkinabé Busta Ganga lors de Waga Hip Hop 7.

Cool Man cultive sa créativité

Ismael Ilboudo dit Cool Man, de son nom d'artiste rappeur, confectionne des tenues. Tee- shirts, casquettes, pantalons, ils donnent aussi une coloration aux chaussures, en particulier des tennis ou des baskets. L'objectif de Cool Man est de trouver et de créer un style original et personnel qui se démarque des autres. Il marie son art à aux tendances contemporaines et urbaines, amenant les jeunes à cultiver la créativité et à faire preuve d'originalité. Concernant ces projets, il souhaite s'investir dans la formation des jeunes des quartiers qui l'on a vu grandir. Il est présent tout au long du festival avec un stand dans la rotonde du CCF. 

DJ Gee Bayss, invité surprise

Gee Bayss, DJ  du groupe de rap sénégalais Pee Froiss, l'un des fidèles du festival Waga Hip Hop, est dans nos murs. Pas du tout annoncé pour cette édition, c'est un plaisir que de le voir dans le jardin du CCF. Souhaitons simplement que son séjour se passe bien et que les morceaux de viande soient à son goût. 

Des producteurs «commerçants»

Dur, dur sont les conditions de réalisation d'album en Guinée Conakry, Pour la réalisation de leur disque « Guineya Mon Monera », les quatre Mc's de Ideal Black Girl ont dû se déplacer jusqu'à Dakar. Malheureusement, elles ont été déçues au contact des producteurs sénégalais qu'elles considèrent comme des commerçants, Les raisons sont que chez eux à Conakry, les  problèmes d'électricité sont si fréquents que, pour un titre, on peut facilement traîner durant six mois nous a expliqué Miss Bah, membre du groupe.

Nash / Priss'K en live
Rond point de la Patte d'Oie, 13 octobre 2008

Les sœurs ivoiriennes en action lors du concert d'ouverture du festival Waga Hip Hop 8.

Le magazine #1
du Festival Waga Hip Hop 8 / mardi 14 octobre 2008

Ce journal est rédigé par l'association Planète Culture. L'équipe de rédaction participe à ce festival comme de nombreux jeunes de la ville de Ouagadougou. Umané Culture qui a fait de la formation son cheval de bataille a insufflé une nouvelle dynamique au secteur culturel au Burkina Faso. Planète Culture est née à la suite d'un atelier de formation en journalisme culturel organisé par Umané Culture pendant Waga Hip Hop 6. Depuis, ils auront travaillé sous la direction de Cédric Van Troyen, François Gibert, Yacouba Sangaré, Jampi Samyn, Bernard Débroux, Ann Sophie Dardenne et ont bénéficié des précieux conseils et appuis techniques de Staycalm! (Laurent et Renaud) et Olivier Cachin. Staycalm! accompagne cette année encore Planète Culture en formant deux d'entre eux au graphisme. Tout cela concours à donner un nouvel élan à la vie culturelle de notre pays.

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Waga Hip Hop Mag #1Waga Hip Hop Mag #1

Disiz La Peste
L’outsider du Waga Hip Hop

C’est un véritable pari que de programmer Diziz, inconnu du public ouagalais, ce vendredi soir. De fait, beaucoup de festivaliers s’interrogent sur cette programmation d’autant plus étonnante que l’édition 2008 est axée sur le thème des femmes. On aura préféré voir Diam’s, qui aurait été plus cohérente avec le concept de Waga Hip Hop  8.
Franco-sénégalais originaire d’Evry, une des banlieues parisiennes, Diziz La Peste est né en 1978 d’un père sénégalais et d’une mère belge. Il découvre le rap en écoutant des groupes comme NTM et IAM de Marseille au début des années 1990. Ex-membre du groupe Rimeurs A Gages, il se lance en 1999 dans une carrière solo. Son single J’pète les plombs, enregistré en 2000, se vent à plus de 500.000 exemplaires et le lance en France...

Nadège Hédé : “Beaucoup de choses restent à faire”

Peut-on parler de Waga Hip Hop sans évoquer Nadège, coordinatrice du festival depuis 2005 ? C’est avec stupéfaction que nous avons appris son  départ de Ouagadougou pour Libreville. Explications.

Vous vous apprêtez à quitter le Burkina. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
Mon contrat avec Umané Culture est arrivé à terme, j’ai obtenu une nouvelle proposition pour travailler au sein du centre culturel français de Libreville au Gabon.

Qu’est-ce qui vous avait motivé pour travailler avec Umané Culture?

J’ai trouvé cette structure très dynamique et pluridisciplinaire, agissant dans le théâtre, la formation et la musique. Ali Diallo, le responsable et Directeur Artistique du festival, est une personne honnête qui a des idées très intéressantes. Ses conditions de travail étaient agréables et même s’il est vrai qu’il passe la majeure partie de son temps à voyager, il a toujours été disponible et prêt à me guider.

Youmali Culture calebasse

Même à Ouaga, Youmali reste une artiste burkinabé inconnue du grand public. Portrait d’une chanteuse en ascension qui s’intéresse aussi au rap.

Forgée dans des prestigieuses formations musicales du pays, Youmali Magali Gwladys a un parcours musical exceptionnel. Fille d’Henri Yoni, ancien contrebassiste de l’Harmonie voltaïque décédé en 1990, Youmali décide de suivre les traces de son père. Dès 1999, elle se lance dans des cours de musiques avec la “Dernière trompette”, une école de musique de Ouaga, et le groupe Tcha-tcha-tcha. Ce brassage lui a permis de côtoyer les vedettes de la musique burkinabé comme Ahmed Smani, Ali Véruthey et bien d’autres. Elle a chanté également avec l’orchestre Afuni de Tall Mountaga sous la direction de Cissé Abdoulaye. Elle est sollicitée de temps en temps dans les cabarets et aux Jardins de l’Amitié de Ouaga pour des prestations. Son abnégation et son dévouement ont fini par porter leurs fruits. En 2006, sous la houlette du producteur Siboné El Taffa, Youmali sort son premier album  Wamdé (qui signifie calebasse bénie en langue mooré) composé de six titres chantés en djoula, mooré et français.

Freddy, Sissao, King Ménage à trois

DJ Gee Bayss, penché sur ses platines, les yeux rivés sur son écran, cherche le bon rythme. A ses côtés, un musicien traditionnel, joueur burkinabé de tchiahoun, le regarde comme fasciné. Il semble improviser et jouer en fonction des sons du DJ sénégalais. Nous sommes en pleine répétition au Reemdogoo. La pression monte à l’approche du concert de vendredi.

Afrique moderne
La résidence de création Autour des voix, souhaitée par la direction artistique du festival, se déroule depuis le 3 octobre dernier. C’est la magie du festival que de rassembler des talents de la sous-région. Les artistes Sissao, King et Freddy ont concocté une véritable bombe musicale sous la direction artistique de Kamel Zekri. Partis pour créer trois titres, la bonne ambiance de travail les a poussé à en concevoir onze, dont cinq prêts pour le spectacle de vendredi en avant-première du concert de Disiz. Cette résidence est un échange culturel entre trois artistes qui ne se connaissaient pas. King Ayisoba du Ghana, Freddy Massamba du Congo et Awa Sissao du Burkina ont été coachés par le musicien et auteur algérien Kamel Zekri. La résidence exprime ce qu’est l’Afrique urbaine et moderne…

Clash Party : “Comme sur un tatami”

Dès vingt heures trente, les gradins du jardin de la musique sont pris d’assaut par un public surexcité. Dans les coulisses, les visages de certains MCs affichent la sérénité pendant que d’autres se crament les poumons à la nicotine pour évacuer le stress. Le pilotage de la soirée est assuré par les membres de la Konkret 53 et du studio Ouaga Jungle. On compte Obscur Jaffar à l’animation, DJ S-prix et DJ Bose sur les platines.

Atelier-résidences
Les bonnes choses durent toujours

Le rendu des ateliers et résidences beat box, danse, mode et graff a été donné hier dans la salle du grand Méliès, qui pour l’occasion a vidé une partie des ses sièges pour accueillir le grand monde venu vivre en live ce qui a été discrètement travaillé en coulisses.

La soirée a débuté avec les anciens stagiaires en mode urbaine. Ces derniers ont voulu convaincre  que  ce qu’il ont appris lors des dernières éditions a été bien assimilé et, mieux, qu’ils étaient prêts à faire plus. Les stylistes Adama, Dieudonné et autres nous ont fait voir une multitude de modèles, des plus simples aux plus compliqués. Un véritable mariage de couleurs et de tissus locaux, le tout présenté sur des séances musicales bien cadencées. À la suite de cette chorégraphie, une autre, extraordinaire, le BBB (Bâtons Beat Box), mené par Gaspard des Daltoniens que le public ouagalais découvrait. 

Où sont passé les clasheurs ?

Pour tous ceux que le clash avait réussi à séduire, en allant bien au-delà de son caractère jugé malsain  et injurieux par certains, c’est la grosse déception. Le niveau de la compétition a été bien en deçà de celui des années précédentes. A part quelques-uns, dont le vainqueur Arem Le Bat, la majorité des candidats ont fait étalage de leurs difficultés à improviser. La pure tradition veut pourtant que les textes de clash ne soient pas écrits à l’avance comme des couplets de chansons. Le public de plus en plus nombreux à chaque édition méritait bien mieux que le charabia de certains et des textes souvent déconnectés du contexte des clashs. Les prestations étaient d’autant plus décevantes que des rappeurs avaient soit du mal à tenir le micro à la hauteur de leurs lèvres, soit beaucoup trop de plomb dans la langue pour bien articuler les mots. Ce serait plus poli de se dissoudre dans le public  quand on n’a même pas assez de souffle pour poser sur quarante cinq secondes d’instrumental. Le quartet gagnant était certes le clou de la soirée mais reste à des années-lumières d’égaler un 2chou à la fois prolifique et incisif. L’autre déception tient du fait que beaucoup trop d’injures se sont glissées à travers les propos de certains clasheurs. Chose à éviter si l’on veut continuer à cultiver cet esprit de fair-play qui a prévalu à chaque édition du clash party. Ces failles sont-elles dues à une mauvaise pré-sélection ou à une baisse du niveau des rappeurs ouagalais? Il y’a sûrement du taff des deux cotés si l’on veut des répresentants dignes aux différents clashes internationaux. Clashmatiquement vôtre!

Le ministère en panne

Waga Hip Hop fait partie des rendez-vous culturels majeurs de notre pays. Les promoteurs de ce festival ont fait montre depuis quelques années de beaucoup de sérieux et professionnalisme dans leur démarche. Pour cela nous pensons qu’ils méritent plus d’égard de la part de certains partenaires qui ont tendance à jouer avec leur image et celles des autres. Un des partenaires traditionnels, qui avait pourtant donné son accord de principe, a essayé de se débiner à deux jours de l’ouverture du festival alors que son logo figurait dans les spots et tous les supports. Finalement, il n’a donné que 50 % de la somme due. Mais comment ne pas comprendre un tel comportement quand le ministère de tutelle, c’est-à-dire le ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, attend d’être à deux jours du festival pour dire qu’il ne peut, pour raison de contrainte budgétaire, rien faire pour le festival. Il faudrait plus de sérieux pour que l’argent public, destiné à soutenir la culture, ne soit pas géré comme pour s’acheter les voix des électeurs. Le ministère a la chance d’avoir des promoteurs sérieux qui l’accompagnent dans sa mission, il lui faudra de la clairvoyance et du sérieux pour des résultats satisfaisants.

Magan Rest In Peace

Magan, l’édition 8 de Waga Hip Hop, ce festival que tu a vu naître et dont tu fûs régisseur plateau, est en cours. Ton efficacité supplantait ta discrétion et ton effacement. En allant dans les coulisses, on se rend compte du vide que tu as laissé. Nous savons que la vie finira par tous nous avoir, mais c’est la manière avec laquelle elle passe ce marché qui nous afflige. Du 1er mai, jour de ton accident, au 12 mai, date à laquelle tu nous as quitté, l’attente a été pénible. Douze jours de coma. Nous avons attendu le miracle mais il n’est pas venu. Aujourd’hui, ton fils Alassane et tes collègues de Waga Hip Hop sont inconsolables.Tu nous manques. Le plus calme de la famille Kouyaté, tes qualités artistiques ont été révélées au public en 1996 quand tu as remporté le grand prix des arts du spectacle comme comédien dans la pièce De la chair au trône, la première création théâtrale de Umané Culture. Tu as ensuite joué dans des films. Deux de tes anciens élèves en batik et bogolan, tes disciplines préférées, vivent de leur art. Ton rêve de créer un centre de formation en bogolan et batik pour les petits enfants reste le plus grand rendez-vous manqué. Mais Magan, je sais que de là où tu es tu nous observes et nous guide en silence comme tu l’as toujours fait. Sache que ton efficacité a fini par t’installer définitivement dans le cœur de ceux qui t’ont connu. On ne t’oublie pas.

No No Naneth

L’artiste Gabonaise Naneth, annoncée en concert pour le 16 octobre, ne fera pas finalement le déplacement de Ouagadougou pour cause de concert au Cameroun. C’est bien dommage de poser un lapin à ses fans. Un planning de tournée lui aurait sans doute permis d’informer les organisateurs à temps et donner la chance à d’autres artistes de s’exprimer. Vivement que le professionnalisme que les mélomanes appellent de leurs vœux se fasse sentir.

Camille International

Camille CC, promoteur de Ouaga Jungle, la structure qui révèle les artistes underground du cru, est absent pour l’ouverture du Waga Hip Hop 8. En effet, Camille, qui a une oreille affinée, a détecté l’oiseau rare du nom de Victor Démé. Et c’est en compagnie de ce nouveau talent de la scène burkinabé qu’il tourne en ce moment en Europe, notamment en France  et en Grande-Bretagne. Bon vent.

2chou : “Mon jeu, c’est l’improvisation”
le finaliste du clash 2007 prouve qu'il reste au top



Que penses-tu du niveau des clasheurs de ce soir ?

Le niveau n’était pas du tout fameux. La plupart du temps, on entendait juste une ou deux phrases chocs et plus rien par la suite. Et quand l’autre n’a pas mieux à dire, du coup ce sont ces deux phrases qui comptent. A noter que le public a souvent tendance à crier pour les rappeurs qu’ils connaissent et ce genre de choses fausse la compétition.

Est-ce que tu aurais des conseils à leur endroit?
Ce que je peux leur dire, c’est d’oublier les bout de textes et de s’amuser devant le micro. Le clash c’est un jeu d’improvisation, et quand on va à un jeu on ne s’entraîne pas, on joue tout simplement. Une astuce pour improviser des rimes, c’est d’utiliser le verlan. Le vocabulaire français est forcement limité et le verlan vient comme une aubaine. Si on veut par exemple faire des rimes en et que son vocabulaire n’est pas assez pourvu, on pourrait penser à “chedou” pour douche, “chelou” au lieu de louche, et ainsi de suite.

Depuis le clash party de 2007 on ne t’a pas assez vu. Est-ce parce que tu prépares un album?
Non, pas du tout. Pour faire un album il faut des textes, et moi je ne sais pas comment on écrit un texte, d’ailleurs je n’en ai jamais écrit. Mais si jamais quelqu’un m’apprend un jour, peut-être. Sinon les seules fois où je suis monté sur scène, c’était ce soir et l’édition 2007 du clash party. Mon jeu c’est l’improvisation et rien d’autre.

Comment te vient cette facilité d’improviser?
Naturellement.

Est-ce tu te sens d’attaque pour affronter les autres clasheurs au niveau international?
Comme un enfant qui attend tranquillement que son jeu commence. Vu que c’est un jeu, c’est le plus rapide à inventer qui gagne.

Hamidou Valian 

Le magazine #2
jeudi 16 octobre 2008

Sommaire :
P. 2/3 News
P. 4 Zone Franche
P. 5 Awa Sissao / Freddy Massamba / King Ayisoba
P. 6/7 Nadège Hédé
P. 8 Youmali
P. 9  Disiz La Peste
P. 10 Clash Party
P. 11 Ateliers de création
P. 12 Waga People

Ce journal est rédigé par l'association Planète Culture. L'équipe de rédaction participe à ce festival comme de nombreux jeunes de la ville de Ouagadougou, sous la direction d'Olivier Cachin & Laurent Goudet.

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Bintou Simporé La franco-burkinabè de Radio Nova

Bintou Simporé parcourt le monde à la rencontre des artistes de tous les continents. Sa présence à Ouaga permet au festival d’être mieux connu en France.
Issue d’un père burkinabè haut fonctionnaire et d’une mère française, Bintou grandit en France. Après avoir fini des études en économie et en sociologie afin de travailler pour des projets de développement, elle se retrouve dans le journalisme par vocation et se prend de passion pour la radio. Après des années de journalisme, Bintou est devenue une voix familière pour tous les accros de Radio Nova, station de référence en matière de musique contemporaine et de musiques du monde. Cette professionnelle reconnue anime l’émission Néo Géo, consacrée aux musiques de tous les continents et particulièrement l’Afrique. Bintou officie également à RFO (Radio France Outre-mer) où elle enregistre des émissions avec des invités africains et caribéens. Depuis des années, elle parcourt le monde pour couvrir les plus grands festivals musicaux. Japon, Haïti, Afrique du Sud : elle est partout pour tendre son micro et donner la parole aux artistes du monde entier. C’est la première fois qu’elle couvre Waga Hip Hop en tant qu’envoyée spéciale pour Nova. Sa présence joue un rôle central dans la promotion de l’évènement en France. “L’Afrique est en train de donner une nouvelle image au monde, analyse t-elle. La nouvelle génération veut laisser tomber les préjugés vis-à-vis de l’Afrique qui autrefois était perçue comme un nid de problèmes”.
Bintou est aussi maman d’un fils de 15 ans, Boris Kouka (du nom de son grand-père). Ce dernier adore le sport et en particulier le basket. Malgré ses nombreuses occupations, elle accompagne son fils le plus souvent possible lors des matches.

Sam Paul Daniel


El Grintcho vs 2Chou Choc d’enfer
COUPE D’AFRIQUE DES BATTLES

Pour la deuxième édition de la Coupe d’Afrique des Battles, la confrontation des candidats, parmi lesquels Diesel du Gabon et K-Lyre du Cameroun, s’annonce alléchante. Mais les plus attendus de cette soirée du samedi 18 octobre restent 2chou, vainqueur du clash national 2007 qui représente le Burkina cette année, et El Grintcho, détenteur du trophée.
Organisé depuis 2005 par l’association Ouaga Jungle en partenariat avec le festival Waga Hip Hop, le concours de clash a gagné des galons. Dès l’édition 7 du festival, il prend une envergure internationale. El Grincho, qui a commencé sa carrière en 1998, arrive àà Ouaga avec un avantage certain et une solide expéérience. En 2000, il enregistre ses premiers titres dans le groupe Illicite. Il rencontre le rappeur Fy avec qui il se lance dans de nouvelles créations musicales. En 2002, avec H-Raf, rappeur venu de Ouaga, il crée le groupe Zone I de Nyamey et sort un maxi de deux titres l’annéée suivante…

DJ Boz African Feeling

Boz est un dj fraîchement sorti de l’écurie Waga HH. Présent aux différents ateliers depuis 2004, il amorce un nouveau virage et compte réaliser ses productions.
Dj Boz est piqué par le virus du hip hop depuis son jeune âge. Il affirme notamment avoir bougé sur les riddims de groupes tel que Public Enemy et bien d’autres. Mais pour lui, l’histoire du Djing commence en 2004 avec les ateliers de formation Waga Hip Hop. Depuis, il a sans cesse fait preuve de courage et de volonté à chaque édition du festival, car il ne demande qu’à apprendre. Après avoir présenté une résidence en 2007 sous la supervision d’un certain Geebayss, l’édition 2008 de Waga HH lui donne l’occasion de faire ses preuves. Il était notamment aux devant des platines lors de la clash party du mardi soir au coté de DJ S-prix. Annoncé pour les sound systems des 17 et 18 octobre, il promet de se surpasser… 

Smockey Rebelle avec une cause
INTERVIEW

Rencontré dans son studio Abazon, le fameux producteur burkinabé Smockey est en pleine session d’enregistrement. Il prend néanmoins le temps de répondre aux questions de Waga Hip Hop Mag sur le rap, la censure, la chute des ventes et la montée des drogues. Interview garanti sans langue de bois.

Tu a été vainqueur aux Kundé 2006, la plus grande distinction de la musique au Burkina. Cela a-t-il changé le regard négatif que certains avaient du rap ?
Oui, parce que certains continuent de dire que le rap n’est pas une musique. Cela constitue un motif de joie et si cela peut susciter des vocations, tant mieux. Mais au-delà des titres il y a ce qui nous accompagne tous les jours, les combats quotidiens qui ne sont pas moins importants.

Le bon esprit du danseur Hamed

Hamed dirige depuis deux ans les ateliers de formation de danse. Un Burkinabè épris de culture hip hop. Un talent à suivre. Danseur, formateur et chorégraphe, Hamed Toé est un jeune burkinabé de 25 ans. Il vit entre la France et le Burkina, il entend promouvoir la danse hip hop à travers le monde. Né dans le quartier de Gounghin et élevé dans le quartier populaire de Wemtenga, Hamed entre difficilement dans le milieu artistique. Il suit des formations en danse traditionnelle, en danse contemporaine avec des compagnies burkinabé comme Salia ni Seydou et Congo Bâ. En 2002, Hamed découvre la danse hip hop à travers un stage proposé par la festival Waga Hip Hop. 


Alif : Les lionnes de la Téranga défient les hommes intègres

Jeudi 16 octobre, la scène de Waga HH a encore fait la part belle à la gent féminine. Cette soirée a été dédiée à l’intégration avec à l’affiche Youmali du Faso, Alif du Sénégal et les sœurs ivoiriennes Priss’k et Nash

Il est déjà 21 heures et le public se fait toujours désirer. Mais c’est avec une salle à moitié pleine que le show démarre.Pour Youmali qui dit faire de la musique de fusion, c’est un challenge de jouer devant un public entièrement acquis au hip hop. Tout de blanc vêtu avec une ceinture rouge ornée d’un papillon, Youmali a papillonné à travers du zouk et des sonorités locales. On pouvait entendre à des mots sensuels (“Je prie que tu reviennes, ne t’en va pas mon amour”) et son titre Wambé a bien fait monter le mercure, malgré le fait qu’elle jouait en play-back intégral.


Disiz écrivain

Tenez vous bien. En plus de la musique, Disiz s’est lancé dans l’écriture de bouquins. Il compte mettre sur le marché très prochainement un livre qui parle d’un jeune qui a commis des gaffes en Occident et revient en Afrique pour se racheter. Sortie français le 7 janvier chez Actes Sud.

Interview avec le groupe Alif

Comment est né le groupe et  que signifie Alif ?
En réalité nous sommes trois artistes : Myriam,Oumie et Mamie. Nous avons  formé ce  groupe de rap en 1997 à Dakaralors que nous étions encore adolescentes, danseuses. Nous décidions des différentes formes musicales à adopter, quant à Alif ce nom signifie Attaque Libératoire  pour l'Infanterie Féministe, c'est dire que nous sommes  une armée prête à défendre la cause de la femme. 

Disiz fast Food

Sacré Disiz ! Approché pour savoir les raisons qui l’ont poussé à visiter le Sénégal, son pays d’origine, à l’âge de 18 ans, c’est sans gêne que Sérigne M’ Baye, alias Disiz, a fait ressortir qu’il a trimé au Mc Do pour s’offrir ce retour au sources. Une sincérité que beaucoup de nos frères de la diaspora devraient prendre en exemple. 

Yannick Laurent Bayala, tonton hip hop

Les artistes qui se sont rendu à la RTB (Radio Télévision du Burkina) ont tous aimé l’accueil et la manière d’animer de Yannick. Très à l’aise dans son élément, Tonton Yannick, le seul journaliste qui avait  réussi faire de certains footballeurs des stars locales, sait mettre ses invités dans les conditions adéquates. Lors de l’enregistrement de l’émission Transafricaine pour Africa N°1 (avec Nash, Priss’K, Loss de Stay Calm!, David de Planète Culture et Mathurin le Chargé de com du festival), on aurait dit quelqu’un du mouvement tellement il maniait bien les termes du milieu. Big up tonton !

Quand on est rasta, on se respecte, ok!

Il y’a des gens qui ont l’art de “foutre la merde”diront certains dans le jargon. Ça perturbe quand   cela se passe lors un spectacle. Mais il est inconcevable que des rastas, habités par l’esprit et la sagesse de “Jah”, se permettent d’être les “fouteurs de merde”. “fuck you”,“shut up”,“shit”, autant de termes que l’on pouvait entendre pendant le slam human beat box du mercredi soir au grand Mèliès. Les artistes ne méritaient pas ces mots encore moins le public venu très nombreux . Alors, rasta ou pas rasta, il faut se respecter et respecter les artistes. Pitié!

Youmali, un coeur Ă  prendre!

“Je suis célibataire. Je n’ai pas d’enfant. J’attends mon âme soeur qui va m’offrir le bonheur”a déclaré youmali à notre journaliste avant d’ajouter “le mariage fait parti de mes rêves, mais je souhaiterais un mari qui me comprenne,m’accepte en tant qu’artiste et me couvre d’amour”.
Entre la vie d’artiste et la vie de couple il n’y a pas de frontière,c’est juste un pas à faire. “Aimer et se sentir aimé est la meilleure chose qui puisse nous arriver”dit-on. En attendant ce grand amour, Youmali souhaite avoir sa propre voiture qui l’amènera partout pour être à l’heure aux rendez-vous. Bonne chance!

Le Magazine #3
Sommaire

Samedi 18 octobre 2008

P. 2/3 News
P. 4 Zeynab / Sissao
P. 5 Grintch vs. 2chou
P. 6/7 Smockey
P. 8 Bintou Simporé
P. 9 Ahmed Toe / DJ Boz
P. 10 Youmali / Alif / Nash & Priss’K
P. 11 Sissao / Freddy Massamba / King Ayisoba / Disiz La Peste
P. 12 Waga People

Ce journal est rédigé par l'association Planète Culture. L'équipe de rédaction participe à ce festival comme de nombreux jeunes de la ville de Ouagadougou, sous la direction d'Olivier Cachin & Laurent Goudet.

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Waga Hip Hop Mag #3Waga Hip Hop Mag #3

Disiz, le CCF pète les plombs

Une vraie bête de scène ! Un public complice. Présentée comme l’une des soirées les plus attractives de ce festival, le pari a été gagné par le CCF qui a su programmer Disiz comme tête d’affiche.
Prévu pour 20 heures de demi, c’est finalement aux environs de 21 heures que le spectacle a débuté. La première partie était assurée par King Ayissoba du Ghana, Awa Sissao du Burkina et Freddy Massamba de la RDC. Accompagnés de musiciens traditionnels, ils ont présenté le fruit de leur résidence de création artistique. Celui qui a retenu l’attention de tous a été sans aucun  doute King Ayissoba.  Avec un accoutrement digne d’un guerrier massaï, il a su émerveiller le public avec sa voix à plusieurs timbres. Sur scène, ce fut une belle fusion entre platines et instruments de percussion tels que le balafon, le tchiahoun et le jembé. Durant une trentaine de minutes, ils ont prouvé que leur résidence de 10 jours a été propice à la création malgré les différences culturelles.


Quand le Sound est bon
Sound System au Zaka, samedi 18 octobre

Un seul sound system sur les deux prévus a eu lieu cette année à cause de la défection du gérant du Kingston. Au dernier moment les participants, MC's, DJ's et spectateurs venus en nombre se sont vu refusé l'entrée gatuite pourtant annoncée et acceptée de longue date. Devant ce chantage innaceptable, le sound du vendredi a été annulé et celui du samedi déplacé au Zaka grâce à l'éfficacité des associations Ouaga Jungle et Konkret 53. En voici un court extrait.

Nash, princesse nouchy, révélation de Waga HH 8

"Une pièce". Elle tend la main et demande une pièce. Vétue d'un simple pagne et d'un tee-shirt patinés de poussière, une jeune fille qui n'a pas 16 ans fait la manche. Une pièce pour manger. Pour survivre. Devant ses frères, ses soeurs et ses cousins, elle fait l'aumone à un Blanc comme tant d'autres jeunes filles du quartier de la Patte d'oie, un quartier populaire de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Quelle chance a cette jeune fille africaine d'avoir une vie normale. Très peu à vrai dire. Peut être deviendra-t-elle cuisinière à trimer toute la journée à vendre de la nourriture au bord du goudron. Dans le pire des scénarios, elle vendra ses charmes dans les rues de Ouaga à 2000 FCFA la passe (4000 FCFA sans préservatif) comme tant d'autres jeunes femmes.  
 
Elle tend la main mais elle n'entend pas ses soeurs ivoiriennes, NASH et PRISS K, qui se produisent en concert gratuit ce soir là. "Respecte ton corps, fais toi respecter", c'est le refrain efficace et explicite du show des rappeuses. L'un des moments forts du festival Waga Hip Hop 8. La dernière édition du festival dédié aux cultures urbaines qui s'est déroulée en octobre 2008 était justement consacrée aux femmes. A la femme africaine plus exactement. Et il y a de quoi dire. Mariage forcé, excision, polygamie, les combats pour un meilleur égalité entre les hommes et les femmes en Afrique ne manquent pas. Dans des sociétés africaines généralement très machistes, entendre une rappeuse engagée pour la cause féministe est un moment rare et précieux…

WHH8 : Le bilan, calmement
Que reste-t-il du Waga Hip Hop 8 quelques jours après sa clôture ?

Des souvenirs, des regrets, des espoirs.

Rayon souvenir, la prestation de Disiz La Peste trône en tête de gondole : alors que beaucoup doutaient de la capacité de ce MC franco-sénégalais à motiver les foules ouagalaises, l’homme qui pète les plombs a réussi un sans faute, chauffant la salle du CCF avec une prestation de 100 minutes intense, musclée, entre rock et hip hop, avec un rappel « exclu Waga HH » de folie.

Le regret reste la prestation en scandaleux play-back total de Youmali, programmée en tant que femme dans ce spécial ladies et à qui il faudra expliquer que faire le show, ce n’est pas s’écouter chanter en tapant dans les mains pendant que la bande-voix défile en arrière-fond.

Les espoirs, eux, sont au nombre de deux : Nash & Priss-K, triomphatrices du WHH8, divines sur scènes, deux lionnes aux talents complémentaires, bêtes de scène et parolières douées, qu’on attend de découvrir en Europe.
Waga Hip Hop 8 ? Vivement la suite !

Olivier Cachin