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<< mars 2010 >>
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Les femmes Ă  l'honneur
à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Pô, Koudougou, Ouahigouya, Fada N’Gourma, Burkina Faso

Si au niveau international, des femmes africaines sont des références musicales à l’image de Myriam Makéba, Angélique Kidjo, Oumou Sangaré ou encore Sally Nyolo, il reste que celles-ci et encore moins de jeunes talents ne sont pas présentes sur les scènes africaines lors des festivals.
Et pourtant, des artistes comme Diam’s de France, Priss’K et Nash de Côte-d’Ivoire ont démontré qu’elles sont non seulement capables de tenir la dragée haute aux hommes mais qu’elles sont des artistes à part entière qui méritent l’attention des programmateurs et toute l’appréciation des mélomanes.

L’équipe du festival

Du 13 au 18 octobre 2008, à Ouagadougou, Burkina Faso
Au CCF, Reemdoogo, et à la Maison du Peuple
Tarif : 1000 Fcfa (Disiz La Peste : 2000 Fcfa)

Salles de spectacles de Pô, Koudougou, Ouahigouya, Fada N’Gourma (gratuits)

CCF Henri Matisse de Bobo-Dioulasso
Tarif : 500 Fcfa (Disiz la Peste 1000/1500 Fcfa)

Photo : Pascal Goudet

Edito
Olivier Cachin

Comment va le hip hop africain ?
Et donc : comment va le hip hop tout court ?
Pour le savoir, les courbes de ventes ne sont pas toujours le meilleur indicateur. De Dakar à Ouagadougou, de Bamako à Bobo-Dioulasso, c’est dans la rue et sur la scène que l’on évalue la vitalité de ce mouvement de fond, fédérateur d’une jeunesse qui ne perd ni ses repères, ni ses racines, ni son sens du swing.

C’est aussi, bien évidemment, au Waga Hip Hop qu’on peut prendre la température de la rue et des musiques qui y grandissent. Car malgré ses valeurs positives brandies en étendard, le rap venu du continent africain a bien du mal à trouver sa légitimité auprès des institutions et des grands médias, et doit trop souvent se contenter de la ferveur de l’underground. Et puis, inutile de se voiler la face, bon nombre de rappers français snobent leurs homologues africains. Adaptation rapologique du complexe de supériorité colonial ? Ignorance plutôt, car le développement des groupes africains est si dense qu’il ne saurait désormais être ignoré.

Du 13 au 18 octobre 2008, Waga Hip Hop, comme chaque automne, apporte sa pierre à l’édifice. Que ceux qui le font vivre, ainsi que les trop rares observateurs qui s’en font l’écho médiatique, en soient remerciés. Cette année, c’est le rapper français d’origine sénégalaise Disiz La Peste, après Oxmo Puccino en 2007, qui vient poser son rap de haut niveau au cœur d’une programmation audacieuse et excitante. Et sexy aussi : car WHH8 2008, c’est une affiche où les femmes se taillent la part de la lionne avec Priss’K, Youmali, Ideal Black Girls et toutes les autres.

Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin, Guinée, Gabon, Burkina : les crews déboulent de partout, la culture rap fait son Porto-Allègre hip hop à Ouaga. Le peuple est convié, au CCF, dans sa maison (celle du Peuple, justement) et au Reemdoogo, à voir le futur de la musique et des cultures urbaines.
À Ouagadougou, et nulle part ailleurs.